Article invité : Les bienfaiteurs du protagonisme dans le football amateur

Le football amateur : bien plus qu’un simple jeu

Un dimanche pluvieux, les équipes défensives, les passes longues, et une bière à la fin du match, c’est ainsi que beaucoup perçoivent le football amateur. Cependant, comme l’a montré un reportage de RMC Sport, Pep Guardiola a transformé le paysage footballistique en Europe, et il semble que le monde amateur français n’ait pas échappé à cette influence. Cet article met en lumière quelques entraîneurs qui, plus que jamais, défendent une approche protagoniste.

N.B : Cet article est écrit par @LouisLesueur. Si vous l’appréciez, n’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires et à le suivre sur les réseaux sociaux.

Le football comme spectacle

En octobre dernier, un but incroyable inscrit en Régional 3 en Bretagne a captivé les réseaux sociaux. Anousith Boulan, l’attaquant de Domloup, a réussi un lob magistral après un remarquable grand pont. Dès le début de l’action, on peut apprécier la fluidité de la relance de cette équipe évoluant au huitième niveau national : des passes au sol, courtes, pour une stratégie de jeu bien définie. Cette philosophie a été mise en avant par l’entraîneur Julien Pannier, lors de son arrivée dans le club d’Ille-et-Vilaine. « Je veux instaurer une philosophie axée sur le plaisir de jouer, sans objectif de résultats prédéterminé », a déclaré le coach dans une interview sur actu.fr. Malheureusement, cette vision est encore à la marge tant chez les professionnels que chez les amateurs.

« Ce qui m’a étonné, c’est de voir des clubs parcourir des centaines de kilomètres pour ne pas jouer », raconte Eddy Capron, entraîneur de Sautron (Régional 1), dans un entretien pour Ouest France. « Je ne prétends pas reproduire le style du Barça ou de l’Ajax. J’ai connu le monde professionnel (1990-2004 : Nantes, Rennes, Sedan, Le Mans), où l’argent influe sur le style de jeu. Mais ici en R1, il n’y a pas de place pour le financier. Je veux que l’on joue. Il n’y a rien à gagner, rien à perdre. Aucune prime de match… soyez authentiques. Nous devons nous habituer à jouer correctement. »

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Par jouer correctement, Capron évoque sans doute la notion de beau jeu, comme le soutient le plaidoyer pour le protagonisme dans le football. Le beau jeu, c’est provoquer des émotions positives, pas uniquement par la victoire mais par la manière. Bielsa résume bien cette idée : « On oublie parfois que le football est avant tout une création d’émotions ». Ces dernières saisons en National 1, Karim Mokeddem, ancien entraîneur de Lyon-Duchère et entraîneur actuel de Bourg-Peronnas, témoigne de cet esprit. « Avant tout, le football est un spectacle. Les spectateurs viennent au stade pour passer un bon moment et apprécier du spectacle. Pour moi, il est toujours plus plaisant de voir son équipe jouer plutôt que de la voir se contenter de longs ballons. Notre mission est de jouer. Proposer un contenu engageant est plus plaisant pour le public. »

L’ambition de jouer à travers un style technique et intelligent est essentielle. « Je veux que mon équipe privilégie le jeu au sol », affirme Maxime d’Ornano, coach du Stade Briochin (National 2). « Tout doit être axé sur le jeu, dans les entraînements, les échauffements, et lors des matchs, clarifie Laurent Sodaguet, tacticien du Grand-Quevilly FC (National 3). Je veux mes joueurs marquer plus de buts que l’adversaire, là où certains préfèrent conserver un score de 1 à 0 et défendre plutôt. » Johan Cruyff a également exprimé cette idée : « Le but du football est de marquer un but de plus que l’adversaire, peu importe le nombre de buts encaissés ». Amateurs ou professionnels, ils peuvent tous partager cette vision du football protagoniste.

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Questions à David Fouquet

David Fouquet, entraîneur de Bois-Guillaume en Régional 1, apporte son témoignage :

Quel est votre projet de jeu ?
« Je vise à faire circuler le ballon collectivement pour atteindre la surface adverse, maîtriser le ballon et éviter de balancer. Je souhaite que mon équipe construise pour prendre du plaisir tant individuellement que collectivement. Même si nous sommes en bas du classement, je ne dévierai pas de ma philosophie : c’est par le jeu que nous réussirons. »

Quelle importance accordez-vous au plaisir dans votre projet ?
« La notion de plaisir est essentielle, que ce soit pour les joueurs lors des entraînements ou pour moi en préparant les séances. Mon but est de fidéliser les joueurs et qu’ils se sentent concernés par le jeu en proposant du contenu plaisant. »

Quelles sont les limites de cette philosophie dans le football amateur ?
« Jouer sur des terrains enherbés souvent en mauvais état complique les choses. Il est difficile d’entretenir un terrain de cette nature à ce niveau. Souvent, les équipes qui se contentent de longues passes pour exploiter le talent d’un joueur individuel remportent le match. Grâce à notre terrain synthétique, nous avons davantage de certitudes pour construire notre style. »

Un grand merci à @LouisLesueur, jeune journaliste, pour cette contribution !

À propos de Louis Lesueur

Je m’appelle Louis Lesueur, j’ai 20 ans, et je travaille depuis plus de deux ans pour le service des sports du journal Paris Normandie. Mon rêve est de devenir journaliste sportif, et j’ambitionne d’intégrer une école de journalisme à la fin de cette année.

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Je suis passionné de football depuis l’âge de 3-4 ans et j’ai pratiqué ce sport pendant douze ans. En grandissant avec le football de Guardiola, j’ai compris que le jeu ne se résume pas à la victoire, mais qu’il est souvent plus gratifiant de jouer un football plaisant. L’expérience de Bielsa à l’OM a également façonné cette vision du football.

En écoutant « l’after foot », j’ai dégagé une vision plus nuancée du football, en partie grâce à Daniel Riolo. Je suis également un lecteur assidu des « cahiers du football » et de leurs remarquables ouvrages.